La fois où on a monté le Mont Washington! (Katherine)
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Ça ne faisait pas très longtemps que Patrice et moi étions en couple, peut-être un an environ. Alors je mets cette histoire sur le compte du fameux « l’amour rend aveugle ». Parce qu’il faut être honnêtement aveugle pour avoir tenté cette aventure sans aucune préparation. Je vous explique…
On décide de passer un week-end au New Hampshire pour monter ledit mont. Un mont de plus de 1900 mètres de hauteur. Vous devez savoir qu’à ce moment-là, ni Patrice ni moi n’étions en forme, et nous n’avions jamais fait de hiking de notre vie.
Le matin, on se lève et on se prépare avec comme équipement… pas grand-chose! Nous voilà au bas de la montagne, et je regarde autour de moi : tout le monde est habillé en vêtements sport, équipé de sacs à dos, bouteilles d’eau, nourriture, montres intelligentes, bâtons de marche, etc.
Nous? On est en jeans, t-shirt et souliers de marche réguliers. Patrice regarde mes pieds et dit : « Il te faudrait au moins des souliers de randonnée. » Alors on en achète à la boutique au bas de la montagne. Je mets mes souliers de randonnée fraîchement achetés et on se dit : « Pourquoi pas une petite bouteille d’eau de 500 ml avec ça? » Alors on achète la petite bouteille… et on part.
Hé oui. Plus innocent que ça, tu meurs. Et c’est exactement ce que je pensais qui allait m’arriver… mourir!
On commence notre ascension (ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’on a aussi décidé de prendre la piste la plus ardue!). Parce qu’on avait le choix et que, toujours aveuglés par l’amour — c’est la seule explication logique que j’ai trouvée — on a choisi la piste la plus difficile! Je vous rappelle qu’on n’avait jamais fait de hike et qu’on était équipés comme de la marde.
Bref, on monte. Et on monte. Et on monte.
On finit notre petite bouteille d’eau assez rapidement et là, on commence à se trouver pas mal niaiseux. On ne voit pas le sommet, on se demande combien de temps il nous reste, on est déjà épuisés même après plusieurs pauses. On n’a pas de montre intelligente pour savoir où on est rendus. Bref, on est découragés solide.
À un moment donné, je perds totalement espoir. Je m’assois sur une roche et je pleure. On ne sait plus si ça vaut la peine de redescendre ou de continuer, parce que je sais qu’au sommet, il y a des autobus pour redescendre les gens.
Un gentil samaritain nous voit, clairement un habitué. Il est sur son chemin du retour (parce que oui, certaines personnes montent ET redescendent volontairement dans la même journée — j’espère un jour être assez en forme pour ça). Il voit mon désarroi, on discute un peu, et il nous offre le reste de sa bouteille d’eau. Il nous dit aussi qu’il reste environ le quart de la montagne à monter. Ça a été la lumière au bout du tunnel dont j’avais besoin pour me relever et continuer. J’y ai vu de l’espoir.
Eh bien, nous l’avons fait. Nous n’avons pas abandonné. Malgré notre innocence (ou notre stupidité, selon comment on voit ça), on a continué et on est arrivés en haut. Une fois au sommet, on a sauté dans la boutique pour s’acheter à boire et à manger. On s’est réchauffés et on a pris notre photo à côté de la fameuse pancarte indiquant le nombre de mètres de notre montée.
Vous vous doutez bien qu’on a pris les autobus pour redescendre. Et je me suis toujours promis que, la prochaine fois que j’y retournerais, je serais équipée « fois mille » et que j’aiderais à mon tour quelqu’un de découragé sur la piste.
Depuis, on s’est évidemment équipés comme du monde, de vrais pros du hiking. Et on en fait chaque année.